ALAÏA, DIOR ET AUTRES CHOSES
On ne sait pas où donner de la tête, tant la présence du textile et de la fibre, dans les expositions qui ont cours actuellement, est surabondante à Paris.
Ainsi, je suis allé voir celle sur les momies au Musée de l’Homme, où je n’y étais pas retourné depuis qu’il avait été réaménagé, après le départ, pour le Musée du quai Branly, de ses collections d’arts premiers.
La première chose, Figure 1, que l’on voit en pénétrant dans les salles que lui sont consacrées est tout à fait inattendue puisqu’elle n’a aucun rapport avec les momies, quel que soit leur origine géographique et/ou culturelle.
En effet, l’objet est composé d’un mannequin à mi-corps recouvert partiellement de ce que l’on pourrait considérer être un corsage, dont la partie droite (pour le spectateur) est en bonnes conditions de conservation, tandis que celle de gauche, en ruine, s’affaisse sous l’effet de son poids. Son titre, Nature humaine, nous donne un indice du propos qui préside sa création puisque notre nature est bien soumisse à l’inéluctable déchéance de la chair, qui conduit définitivement à sa disparition, sauf si on prend la précaution de la momifier, ce qui se fait très rarement par les temps qui courent… Le cartel de l’œuvre nous apprend aussi qu’elle a été inspirée par le poème Une charogne de Baudelaire, dont j’ai pris connaissance via Internet. Après lecture, je pense que le quatrain, parmi les douze qu’il compte, qui s’est imposée à l’artiste est,
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
surtout à cause des haillons, mais je peux me tromper ….
Qu’à cela ne tienne, si j’ignore le titre et l’inspiration revendiqués, je me retrouve avec une œuvre qui interroge, bien sûr, et se prête à toute autre interprétation au gré de l’humeur et de la sensibilité du visiteur. Dans mon cas c’est le fait d’avoir utilisé de la broderie et de la dentelle (ou c’est de la broderie blanche ?) pour « figer artistiquement la déchéance du corps » qui m’a fait arrêter et lui consacrer pas mal de temps. Le cartel est malheureusement très succinct au sujet des matériaux et de techniques puisqu’il les résume à « des perles et broderie ». Or, les agrandissements de la Figure 1 et du détail de Figure 2 nous permettent de bien distinguer au niveau du cou des lignes de cannetille (frisure et bouillon), des perles de verre transparent, d’autres vertes et blanches entremêlées, des paillettes couchées sur ce qui semble être de la cannetille de très faible diamètre, des amoncellements de perles de toute petite taille, des perles facettées, des tubes de verre (jais) vert et des fils « poilus » qui font penser à des plumes. La partie en « déchéance », à gauche, est sur un fond de dentelle égayé, si l’on peut dire, par de jais et des perles métalliques de très petites dimensions.
Enfin, j’ai le nom de la créatrice et brodeuse, Aurélie Lanoiselée, que je découvre grâce à ce travail et espère la retrouver bientôt dans d’autres occasions moins lugubres que la charogne et les momies !
Mais, puisque l’on y est restons y encore un petit peu et admirons, pourquoi pas, le soin pris par les populations andines préhispaniques pour préparer certains de leurs morts, personnages importants sans doute, en leur assurant, grâce à la sècheresse du climat, le froid des pics andins et leurs techniques, une survivance qui permet, un millénaire après leur embaument, de se présenter à nous au musée de l’homme à Paris, Figure 3. Il s’agit d’un « bulto[1] » ou « fardo » constitué par des nombreuses couches de tissu disposées autour d’un corps, placé en position fœtale, pour l’apprêter ainsi pour un très long voyage dans le temps et, par les hasards de l’archéologie, dans l’espace.
Parcourons le bulto du haut en bas. Une tête postiche, Figure 4, est coiffée de plumes de couleur jaune et orange, son front est ceint d’une « vincha[2] », les cheveux qui la dépassent sont peut-être naturels ou des fibres de camélidés, comme la toile qui figure la carnation, elle-même décorée par broderie de deux yeux en forme de losange, des cils, la bouche rectangulaire, et le nez en bois taillé en demi pyramide. Le « corps » du bulto lui-même est recouvert d’une toile très fine, comparée à celle du visage, décorée par broderie avec des bandes en zigzag formées par des losanges superposés. Le bulto tient debout grâce à un exosquelette fait avec des roseaux ( ?), partiellement recouverts de fils. Au milieu du bulto un simulacre de ceinture de laquelle pendent deux sacs (à coca ?), l’un en pleine toile très fine et l’autre, en toile plus grossière, avec des fils de couleur blanc intercalés verticalement.

Figure 5
Il est intéressant de le comparer à la petite poupée, Figure 5, funéraire, probablement parce que trouvé au voisinage d’un bulto .Comme pour la tête du bulto, celle de la poupée est coiffée avec une vincha tissée, adornée avec des pyramides à degrés et des colonnes en alternance. Elle semble retenir des cheveux extrêmement fournis d’un noir intense. Le visage, est représenté par un tissage à fond rouge sur lequel s’intercalent deux oiseaux affrontés au niveau du front, suivis de deux yeux en losange, ainsi que la bouche rectangulaire. La poupée est habillée d’une tunique (poncho) en toile qui était, à l’origine, totalement recouverte de magnifiques plumes bleus, dont restent quelques-unes, attachées par les coutures horizontales comme décrit dans Mon truc en plumes. Suite et fin de notre site. Les jambes et les bras sont très intelligemment représentés par des fins roseaux (?), totalement recouverts d’un fil rouge très serré qui différencie les doigts au bout des membres.
Après cette excursion inopinée dans le passé, retournons à Paris, France, et aux deux expositions consacrées à Azzedine Alaïa, son œuvre de couturier et son incroyable collection de mode, du XIXe et XXe siècle, qui se tiennent au siège de sa Fondation au Marais et à la Gallérie Dior rue François 1er. « Ce double parcours propose une lecture nouvelle de l’histoire de la maison Dior à travers l’œil d’un collectionneur averti, tout en révélant un jeu de correspondances entre Christian Dior et Azzedine Alaïa. »
Devant un projet aussi ambitieux il est impensable de prétendre donner à mes lecteurs une vision, même très partielle, du foisonnement de matières, de formes et couleurs, ombres et lumières qui habitent les lieux et accompagnent votre déambulation. Je m’en tiendrai donc, comme d’habitude, à des robes brodées, et, exceptionnellement, certaines non brodées, sans spécifier leur lieu d’exposition.
Commençons par ces images montrant, sur trois étages, des robes de soirée, les unes plus somptueuses et osées que les autres, sous un éclairage changeant, de nuit sous une pluie d’étoiles, Figure 6, et de jour au milieu des nuages, Figure 7.
Figure 6
Commençons notre revue de détail par une robe d’Alaïa d’une très grande simplicité mais qui s’avère être particulièrement suggestive puisque faite d’un « tulle écru entièrement brodé de perles nacrées suivant un motif de croisillons [treillis ?] » avec le « dos nu », auquel s’ajoute un beau décolleté et une courte jupe, Figure 8. D’après le cartel, c’est « Tina Turner qui porta cette robe dans l’un des portraits les plus emblématiques réalisés par Peter Lindbergh », que je n’ai pas trouvé mais, à sa place, je vous propose celui de l’artiste pris en 1987[3] au cours d’une tournée en Angleterre, Figure 9, qui donne une sacrée idée de « cette résille perlée [qui] enveloppe [son] corps ».
Figure 8
Azzedine Alaïa, Haute couture, Printemps-Été, 1989
Figure 9
Tina Turner avec la robe de la Figure 8 au cours d’une tournée en Angleterre en 1987
Toujours d’après le cartel, cette robe viendrait chercher son inspiration dans une robe à danser de Christian Dior, appelée Romance et de la collection Haute couture, Printemps-Été, 1956, Figure 10, trente ans plus tôt ! Elle est décrite dans le cartel comme « bustier en organdi entièrement brodé de perles de rocaille [baroques ?] et de perles tube blanc nacré [jais ?] en bandes horizontales, alternant motifs de médaillons et de croisillons », Figure 11.
On voit qu’Alaïa conserva le bustier mais changea la ligne évasée de la jupe, en accord avec la sagesse des années 50, pour la rendre cohérente avec la silhouette, courte et justaucorps, des années 80. De la broderie il ne prend que les croisillons et remplace les « perles tube blanc nacré » par des perles sphériques nacrées, Figure 12.
Figure 10
Christian Dior, robe Romance, collection Haute couture, Printemps-Été, 1956
Figure 11
Détail jupe Figure 10
Notez que les « croisillons » sont en réalité des losanges accolés formant un treillis. Les côtés sont faits avec deux lignes de jais – une avec trois jais longs et l’autre avec sept courts. Les sommets des losanges sont agrémentés de perles baroques. Les médaillons sont formés par deux cartouches elliptiques en petits jais encadrant un motif central combinant des perlés baroques de plusieurs dimensions et des jais de petite taille. La transition ente les médaillons et les croisillons (treillis) est faite par une succession d’arcs de cercle contigus ; chacun constitué par une ligne de perles baroques entre deux lignes de jais[4].

Figure 12
Détail Figure 8
Les côtés des losanges sont faits, très intelligemment, en utilisant des perles sphériques de deux diamètres différents.
Bien que je trouve très intéressant l’emploi des perles, sphériques ou baroques, et des perles tube [jais] dans ces deux robes, je ne peux pas me dérober à mes premiers amours et ne pas montrer quelques exemples de l’emploie de ces matériaux dans les broderies liturgiques. Ainsi, la Figure 12 montre un détail d’un antependium de petite taille, du XVIIIe siècle, où l’on a fait usage de jais en verre blanc de différents tailles pour traiter le fond avec un effet tourbillon, ainsi que des éléments en léger relief sertis avec un cordonnet or. Les éléments en couleur sont en chenille.
Figure 13
Détail d’un antependium. COUGARD-FRUMAN (Josiane) & FRUMAN (Daniel H.), Le trésor brodé de la cathédrale du Puy en Velay : Chefs-d'œuvre de la collection Cougard-Fruman, Albin Michel, Paris, 2010, N° 153, p. 236..
Du même siècle, un fragment d’étole brodé de minuscules perles blanches opaques, translucides et transparentes sur gros de Tour pourpre, Figure 14. Remarquez que le très petit diamètre des perles peut être estimé en le comparant à celui de fil, que l’on voit par transparence.
Figure 14
Détail d’une étole. COUGARD-FRUMAN (Josiane) & FRUMAN (Daniel H.), Le trésor brodé de la cathédrale du Puy en Velay : Chefs-d'œuvre de la collection Cougard-Fruman, Albin Michel, Paris, 2010, N° 138, p. 231.
Continuons avec une autre robe de Dior, au titre évocateur de « Soirée chez Maxim’s », de 1955, en « faille de soie noir entièrement brodée de fils métal et paillettes à motifs de fleurs », Figure 15. Si je l’ai choisie c’est, comme vous pouvez l’imaginer, par la matérialité, qui combine exclusivement la cannetille (frisure) et les paillettes métalliques estampées, de forme circulaire et polylobée, et la maitrise dans la pose de ces éléments.

Figure 15
Christian Dior, robe « Soirée chez Maxim’s », Haute couture, Automne-Hiver, 1955
Figure 16
Détail de la robe de la Figure 15
Les « motifs de fleurs » se résument à un long brin de cannetille, posé formant une boucle, autour duquel des paillettes amoncelées de manière assez arbitraire sont disposées en ersatz de pétales.
Des fleurs tout à fait différentes sont celles de la robe portée par Natalie Portman en 2023 à la cérémonie des prix Gotham. La création de Maria Grazia Chiuri, pour Christian Dior, est un jardin densément peuplé au niveau du corsage qui s’assagit en descendant vers la jupe, comme le montre la Figure 17.
Figure 17
Maria Grazia Chiuri, pour Christian Dior, 2023
Le détail de la Figure 18 montre que les corolles des fleurs, obtenues par estampage ou moulage, sont appliquées et tenues par des cabochons au centre. Les tiges et feuilles sont, elles, brodées par piquage avec ce qui semble être de points lancés et de tige.
Figure 18
Détail de la Figure 17
Le « jardin » de cette robe, avec des fleurs en relief appliquées, peut être comparé à celui de la robe de 2019 par Karl Lagerfeld pour la maison Chanel, exposée au Palais Galliera, Figure 19, quoique moins fourni.
Figure 19
Détail de la robe par Karl Lagerfeld pour la maison Chanel, 2019.
Pour ce qui est des jardins dans les robes Dior, le top est la « Mini-Miss Dior », que j’ai eu le plaisir de voir dans l’exposition Sleeping Beauties et que j’ai publié dans la note que je lui ai consacré en 2024[5].
De presque la même date que la robe de la Figure 10, le fourreau du soir de 1953 de la Maison Dior, nommé Muriel, « en organza brodé de fils d’or, paillettes et perles de verre », n’a, aussi, aucune référence au monde végétal, Fgure 20.
Figure 20
Christian Dior, fourreau du soir Muriel, Haute couture, Printemps-Été, 1953
La broderie le couvre en totalté très densement, comme on peut le voir dans le détail du corsage, Figure 21. On distingue les perles blanches sphériques – grosses et toute petites, comparables à celles de la Figure 14, des cabochons turquoise de formes variées – rondes et lenticulaires, des tubes (jais) noirs, et des cabochons facettés et sertis métal. Ces éléments sont bien plus visibles dans l’agrandissement de la Figure 22. Le fond est d’une complexité « indescriptible », avec des zones, délimitées à l’aide d’un cordonnet formant une cuvette, dont l’intérieur est plein ou ajouré (comme des gazes - en treillis, en cellules hexagonales et autres).
Figure 21
Détail de la broderie de la Figure 20
Figure 22
Détail de la broderie de la Figure 20
Pour information, un exemplaire de ce fourreau, apparemment en excellent état de conservation, a été vendu le 20 janvier 2017 à la Salle Drouot, sous le marteau du cabinet EVE et l’expertise de Mme Daniel (fille), pour la modique somme de 16 875 € frais compris !
C’est peut-être pour rendre plus accessibles ses créations qu’Alaïa créa en 2010 une « robe bustier en satin noir perforé au laser » … « doublée de voile chair », Figure 23, donnant, à première vue, l’impression qu’il s’agissait de paillettes opaques. Les bandes de python à la taille et les « fausses » paillettes sont parfaitement visibles dans le détail de la Figure 24.
Figure 23
Azzedine Alaïa, robe bustier en satin noir perforé au laser et bandes de python, doublée de voile chair,
jupe froncée monté en arcade, Haute couture, Automne-Hiver, 2010
Figure 24
Détail de la Figure 23
Restons chez Alaïa et dans les œuvres sans broderie pour vous présenter un tailleur tout à fait inattendu, Figure 25, qui est décrit très succinctement dans le cartel comme étant « en drap de laine noir, veste à basques ornée de franges de cuir rehaussées de blanc, large ceinture en cuir ajouré ». Comme on peut le constater en se référant à la Figure 26, les deux niveaux de franges s’harmonisent parfaitement avec le haut de la veste, pourvue de revers surdimensionnés qui mettent en valeur la taille fine, accentué par la largeur de la ceinture. Le coup de génie est que les franges, obtenues en effilant des lanières de cuir, sont posées verticalement et mises en évidence par l’ajout de carrés blancs à leurs extrémités. Ceci confère certainement à l’ouvrage un caractère optique que l’on ne peut qu’imaginer, puisque je n’ai pas trouvé, malheureusement, aucune vidéo le montrant porté et en mouvement.
Figure 25
Azzedine Alaïa, Tailleur en laine noir, Haute couture, Automne-Hiver, 2009
Figure 26
Détail des franges de la Figure 25
Après ces deux robes noires, revenons vers la couleur avec trois accessoires – des bottes, un sac et un chapeau. Les premières, Figure 27, sont l’œuvre de Maria Grazia Chiuri, que nous avons déjà rencontré avec la robe champêtre de la Figure 17, mais tout à fait différentes puisque celles-ci sont couvertes d’un jardin fleuri tout à fait fantasque. Le détail de la Figure 28 montre que la broderie est d’une grande simplicité, avec presque exclusivement des points lancés, mais avec un choix varié de couleurs. Ces bottes peuvent être en parallèle les cuissardes de Demna Gvasalia pour Balenciaga que nous avons présentées à l’occasion de l’exposition au Palais Galliera Tisser, Broder, Sublimer, la luxuriance en moins..
Figure 27
Maria Grazio Chiuri pour Chrsitian Dior, Bottes hautes en résille transparente brodées,
Haute couture automne-hiver, 2022
Figure 28
Détail de la Figure 27
Cette luxuriance on la retrouve aussi dans un sac, Figure 29, dont j’ai omis de photographier le cartel et j’ignore donc le créateur. Vu sa forme je ne sais pas s’il est vraiment pratique mais, en tout cas, la broderie est assez spectaculaire, comme la fleur du rabat, reproduite Figure 30, le démontre.

Figure 29
Sac brodé de la Maison Dior
Figure 30
Détail de la Figure 29.
Enfin, le chapeau en plumes, dont je montre une vue rapprochée Figure 31, de John Galliano pour Christian Dior, de la collection haute couture automne-hiver 1999, est un bel exemple de la plumasserie (française je l’espère), en dialogue avec les exemples préhispaniques des Andes des figures 4 et 5 de cette note et, bien entendu, aux nombreux autres exemples des deux notes Mon truc en plumes[6] que j’ai publié en 2014.

Figure 31
John Galliano pour Christian Dior, chapeau en plumes, collection haute couture
automne-hiver 1999
Pour clore cette présentation, je vous propose une robe du soir, Figure 32, Melody Woodin, de John Galliano pour Christian Dior en 2007. Elle était exposée, d’une manière assez spectaculaire, dans une vitrine longeant l’escalier monumental de la Gallérie Dior. Contrairement à d’autres créations de Galliano, celle-ci est d’un grand classicisme, aussi bien par la ligne rigoureuse, interrompu au niveau de la taille par un pliage inattendu, que par la broderie, d’or et d’étonnantes paillettes estampées en forme de roue dentée ou engrenage, Figure 33, d’un dessin, parfaitement symétrique et aéré, qui pourrait être inspiré de ceux de la France de la fin du XVIIIe siècle. La broderie, avec presque le même dessin qui orne le corsage, égaie le bas de la jupe, Figure 34, avec un effet visuel différent puisque posée sur un tulle au lieu d’un satin. Je ne sais pas pourquoi cette robe est dite « inspirée par Dégas », mais je ne suis pas un fin connaisseur de l’œuvre de ce peintre pour pouvoir porter un jugement sur cette attribution.
Figure 32
John Galliano pour Christian Dior, robe du soir, Melody Woodin, haute couture, automne-hiver 2007
Figure 33
Détail du corsage de la robe de la Figure 32
Figure 34
Détail de la broderie du bas de la robe de la Figure 32
J’espère que cette note, plus longue que d’habitude, vous donne envie d’aller visiter ces trois expositions ou, au moins, l’une d’elles. Si c’est le cas, je vous conseillerai de choisir celle de la Gallérie Dior, la plus riche en nombre d’œuvres et en somptuosité, du contenant et du contenu.
Avant de vous quitter je voudrais réitérer la gêne que j'éprouve quand, visitant ces expositions, je ne trouve aucune mention des « petites mains » qui, à des dégrées divers, ont contribué à faire de l’idée du « maître », exprimée sous la forme d’un simple dessin accompagné par des choix de textiles ad hoc ou d’un modelé tridimensionnel plus élaboré, un produit fini qui pourrait se trouver exposé comme un « chef d’œuvre » dans une gallérie ou un musée. Heureusement, l’exposition Tisser, Broder, Sublimer. Les Savoir-Faire de la Mode au Palais Galliera est, pour la première fois à ma connaissance, « consacrée aux savoir-faire de l’ornementation – tissage, impression, broderie, dentelle, fleurs artificielles – qui permettent d’ennoblir et de décorer vêtements et accessoires » et « met également à l’honneur les auteurs de ces savoir-faire souvent oubliés ou effacés derrière le nom prestigieux d’un couturier ».
J’ajouterais, je prêche pour ma paroisse -la broderie, que ces savoir-faire sont centenaires, sinon millénaires, et que ce sont des changements de matières, plutôt que de techniques, qui prédominent dans la pratique contemporaine, comme je m’emploi à le montrer, quand l’occasion se présente, dans les pages virtuelles de plaisirstextiles.com.
Bonnes visites et faites-moi part de vos impressions…
Texte et photos Daniel H. Fruman
sauf si renvoie site internet
16 janvier 2026
[1] La traduction la plus approprié pourrait être « paquet ». µ
[2] Je pencherai par « bandeau » ou « serre-tête ».
[3] La photo est de 1987 et le cartel de l’exposition indique « Haute couture, Printemps-Été, 1989 » ?
[4] J’invite les lecteurs à cliquer dans les liens suivants : https://www.plaisirstextiles.com/medias/images/fig-28.jpg et https://www.plaisirstextiles.com/medias/images/fig-13-.jpg, pour comparer les détails de broderie de la robe Romance avec ceux d’une robe de créateur inconnu, exécutée vers 1925 dans un crêpe de soie, brodé au crochet au point de chainette de perles soufflées, demi-tubes blancs et gris (jais) et paillettes de gélatine. Les similitudes sont tout à fait surprenantes.
[5] Voir les figures 32 à 34 ou cliquez sur le liens suivants : https://www.plaisirstextiles.com/medias/images/figure-32-mini-miss-dior-.jpg, https://www.plaisirstextiles.com/medias/images/figure-33-mini-miss-dior-.jpg et https://www.plaisirstextiles.com/medias/images/figure-34-mini-miss-dior-.jpg
[6] Voir en particulier les Figures 15 à 17 de Mon Truc en Plumes Suite et fin.
Date de dernière mise à jour : 17/01/2026
Ajouter un commentaire
















